Accepter la maladie d’un proche.

Cela fait longtemps que je n’ai rien posté sur mon blog et je m’en excuse ! J’ai eu pas mal à gérer depuis lors.

Cet article est inspiré d’un fait récent. La vie n’est pas toujours facile vous le savez. Par moment elle peut nous rappeler à quel point elle peut être cruelle. Parfois les mauvaises choses arrivent aux personnes qui ne le méritent pas. C’est d’autant plus difficile à accepter quand ça arrive à un proche voire un membre de sa famille.

Je veux parler du moment où l’on apprend qu’un proche est touché par une maladie grave. J’ai eu à vivre ce moment et j’ai été bouleversée d’une manière que je n’aurais jamais pensé. Bien-sûr, on ne peut pas se permettre de dire que l’on souffre plus que la personne concernée. Mais beaucoup d’entre nous vivons mal ce moment.

On veut à la fois protéger la personne que l’on aime, être un support moral pour elle. Mais en même temps on doit cacher notre peine et peur qui peuvent être malvenus. Si l’on montre notre peur, ça peut avoir un effet négatif sur le moral de la personne malade. Or on sait bien que le moral permet de garder espoir et donc de mieux supporter les traitements. Je me suis retrouvée à devoir être l’aide psychologique de la personne malade qui doit elle-même déjà accepter sa nouvelle condition, ses nouveaux traitements et de manière générale sa nouvelle vie. Et j’ai joué ce rôle sans qu’on m’y force car pour moi c’était naturel. Ce que je ne savais pas c’est à quel point j’avais été atteinte par cette nouvelle.

Comment prendre soin de l’autre en prenant soin de son propre moral ? C’est la question que je me suis posée. J’ai tout simplement dû accepter que la personne que j’aime soit malade, que j’étais impuissante face à ça mais que rien n’était joué d’avance. Parce que j’ai tout de suite imaginé le pire et c’est ça qui me bloquait.

Pourquoi est-ce si important d’accepter ? Il faut être une épaule solide pour la personne en souffrance donc plus tôt on accepte plus vite on peut remplir notre rôle. Ce n’est pas facile tous les jours il faut être honnête. Par moment on flanche car on est humain et imparfait. On est frustré de ne pas pouvoir en faire plus pour l’être aimé. Mais il ne faut pas oublier que ce que nous faisons est déjà énorme du point de vue de la personne malade. En cas de doute on peut lui demander ses désirs mais surtout on ne s’impose pas. Ne pas trop en faire, doser ses actions, maitriser ses réactions, dompter ses peurs.

Il n’y a pas de mode d’emploi pour ce genre de moment qui vienne nous heurter de plein fouet. Il y a seulement de l’improvisation, dans la hâte on cherche un moyen pour sortir de notre détresse émotionnelle. Durant la crise d’angoisse, on cherche un moyen efficace pour se calmer. Tant que l’on agit en faisant de notre mieux.

 

« Une femme doit être douce »

Après quelques mois d’absence, me revoici en train d’écrire. En fait non, j’écris déjà depuis quelques jours mais c’est un peu lent. Cet écrit se fait surtout sur un coup de tête et un soudain ras-le-bol.

En effet, je viens de lire un tweet d’une dame qui voulait parler des femmes indépendantes. Elle a fait toute une suite de tweets sur ce thème et j’en vois un spécifiquement qui est à l’origine de mon ras le bol à une heure aussi tardive (00 :57). Je vais vous retranscrire le tweet tel quel pour que vous pussiez vous aussi vous faire un jugement. Le tweet dit «  Une femme indépendante, ne doit pas s’éloigner de sa féminité, elle doit rester tendre, sensuelle malgré son rang social et ses diplômes ». J’ai copié le tweet à la virgule près.

Ma réaction face à de tel propos ? J’ai cru rêver. Puis j’ai tout de suite eu des souvenirs qui me sont remontés et qui ont rendu ce tweet encore plus détestable à mes yeux.

Tout d’abord, l’auteure estime que la femme est par nature « féminine, tendre, sensuelle » et que ces attributs ne doivent en aucun cas disparaître peu importe le niveau d’étude. Je commence par le commencement avec cette idée de « nature ». Effectivement oui, ces attributs sont naturels à beaucoup de femmes dans notre monde. Ce sont des traits de caractères comme beaucoup d’autres. Toutes les femmes ne sont pas des copies, chacune a son caractère, sa personnalité, ce qui va la déterminer en tant que femme. Celles qui ont les 3 caractères citées ci-dessus, tant mieux pour elles. Mais ne pas les avoir fait-il d’une personne avec des attributs sexuels féminins moins femme Depuis quand on détermine ce qu’est une femme selon des traits de caractères ?

Ce type de réflexion aura pour seule conséquence de marginaliser encore plus un type de femmes qui pourtant se sentent toute à fait femme. Mais parce qu’une autre femme aura dit ça et que ça sera malheureusement repris par d’autres personnes qui vont valider cette réflexion, certaines femmes en devenir vont se questionner.

C’est dangereux d’enfermer une personne dans seulement 3 traits de caractères. L’être humain est extrêmement complexe, la femme est complexe. Pas au sens négatif du terme. Mais dans le sens où on a toute notre caractère qui est constitué par plusieurs éléments bons ou mauvais. C’est tout ça qui fait une personnalité et la féminité ou la tendresse ou encore la sensualité peuvent manquer dans la composition d’un caractère de la personne. Et ce n’est pas grave !

Être une femme est une identité sociale que l’on construit année après année. C’est une identité propre à chacune. Cela ne peut être associé à un trait de caractère, jamais !

Le souvenir qui m’est revenu : durant mon adolescence des membres féminins de ma famille aimaient me dire « Une femme doit être douce » tout ça parce que j’avais fermé la porte ou le tiroir un peu trop fort. J’ai grandi en pensant qu’effectivement qu’une femme devait être douce et que pire encore, je ne l’étais pas. Selon ces personnes, il me manquait ce trait si déterminant pour devenir une femme. On a décidé que pour moi c’était peine perdue parce que je fermais le tiroir bruyamment. Aujourd’hui je réalise qu’elles avaient toutes torts. Mon statut en tant que femme ne va pas se déterminer sur ces points qui ne sont pas de mon ressort qui plus est.

Autre aspect dérangeant de ce tweet est le devoir qui pèse sur la femme, « Une femme ne DOIT pas » I mean WHAT THE FUCK !!!! Sorry not sorry pour la pointe de vulgarité qui caractérise certainement un manque de douceur de ma part MAIS j’en ai assez du « doit, ne doit pas » précédé par « une femme ». Quand est-ce que certains hommes mais surtout certaines femmes vont cesser de voir les femmes comme une seule et même personne ? J’ai l’impression qu’un modèle de la «femme parfaite » a été montré pendant que j’apprenais à nager. Puis l’auteure dit «  Une femme indépendante ne devient pas un robot insensible qui doit constamment prouver ses capacités au monde de manière arrogante ». Eh bien…Certaines doivent prouver au monde entier qu’elles sont des femmes car absence de certains traits de caractères. Donc j’ai envie de rire jaune. Ensuite, une fois qu’on a prouvé qu’on est une femme, il faut prouver ses capacités en tant que « sexe faible ». Dans un monde où les capacités d’une personne peuvent être remises en question à tout moment à cause de ses organes génitaux, on nous dit qu’il faut se plier à l’exercice avec le sourire. En ce moment même je lève les yeux au ciel de désespoir.

J’en ai fini pour cette petite réflexion. Il y a tant à dire mais ça sera tout pour maintenant, je termine et il est 01:55.

Noir mais pas trop.

Cela fait déjà quelques semaines que je n’ai rien rédigé. En fait, je réfléchissais à un sujet qui plairait autant à vous qu’à moi. Je pourrais écrire sur énormément de choses mais je réalise que j’ai besoin que mes écrits soient associables de près ou de loin à moi-même.

Donc un sujet me plaisait tout particulièrement ces derniers temps, un sujet se rattachant à ma couleur de peau. Mon pseudo ne le cache pas pour ceux qui ne me connaissent pas physiquement. Je suis noire. Une couleur de peau que je revendique et dont je suis fière. Certains pourraient trouver cela absurde ou même limite de revendiquer sa couleur de peau. On peut penser à ces groupuscules qui sévissent  au nom de leur couleur de peau ou plutôt au nom de leur « race ». Je ne veux pas être associée à ça. Je ne veux pas prôner la supériorité de certains sur d’autres dû uniquement à la couleur de leur peau. Moi ce que je veux c’est que mes semblables qui vivent mal leur identité en soit  fier.

Au départ, je voulais que cet article parle essentiellement du colorisme. Pour ceux qui ne le savent pas, en voici une brève définition. Le colorisme est une discrimination que l’on subit par rapport à sa couleur. Plus précisément c’est le fait de mettre en avant des peaux claires, excluant les peaux noires foncées. Mais ce thème a déjà été traité de nombreuses fois par des personnes ayant de meilleures connaissances sur le sujet. Je cherchais donc un autre angle de « réflexion » qui serait tout de même instructif je l’espère. En tout cas, je veux montrer aux plus réticents qu’encore aujourd’hui avoir une peau noire et foncée de surcroit n’est pas de tout repos.

Il y a une phrase qui a toujours suscité en moi des questions ; « On ne nait pas noir, on le devient ». Avant je ne comprenais pas où l’auteur de cette phrase voulait en venir mais aujourd’hui j’ai peut-être une piste. Combien de personnes noires ont conscience de leur couleur avant qu’un tiers ne le leur fasse remarquer ? Je pense que la réponse est : très peu. Souvent, une personne sait qu’elle est noire parce qu’on le lui dit. Le matin je ne me lève pas en disant « je suis noire ». Mais une fois dehors, on me le fait remarquer.

Pour ma part j’ai eu conscience de cela à l’âge de 8 ans. Ce qui correspond à mon arrivée en France. J’étais pourtant dans une école qui regroupait des personnes venant de tout horizon mais c’est là que j’ai compris ma « différence ». Je n’étais pas la seule noire de cette école mais ma particularité était de ne pas être née en France. Tous les autres enfants noirs étaient nés en France donc leurs camarades blancs étaient habitués à eux. De plus je pense, avec le recul, que le fait qu’ils soient nés en France ait accéléré leur assimilation. Moi je suis arrivée, complètement désorientée et je me souviens que la première chose que l’on m’a fait remarquer était mon accent. Cet accent est devenu ensuite une obsession pour moi, je voulais à tout prix le faire disparaître. Pourtant lorsque je parlais, je pensais parler « normalement » mais les remarques n’arrêtaient pas. Ce fut mon premier pas pour me faire « accepter ».

 Le second problème que j’ai connu et qui est en lien direct avec mon sujet est celui de ma couleur de peau. En arrivant en France j’ai su que j’étais noire. Mais pas « un peu noire » mais plutôt « très noire ». J’en ai entendu des remarques ou blagues sur ma couleur de peau à tel point que moi aussi je me suis mise à en faire. Les phrases « tu as passé beaucoup de temps au soleil » ou encore « tu es restée trop longtemps  au four » m’ont accompagnée tout au long de ma scolarité. Et je finissais par en rire, j’imagine que c’est le sort de beaucoup de personnes au même teint voire teint plus foncé que moi. De plus, les membres de ma famille que mes camarades de classe ont eu l’occasion de rencontrer sont tous plus clairs que moi. Alors j’ai commencé à me demander pourquoi moi aussi je n’étais pas plus claire. Pourquoi mon visage n’avait pas le même teint que l’intérieur de mon bras qui est nettement plus clair. Toutes ces questions ont amené une seconde obsession chez ce jeune moi qui était de pouvoir travailler pour avoir beaucoup d’argent et ainsi me payer une dermatologue qui me blanchirait la peau. Cette obsession de la peau claire, pas une peau blanche mais une peau juste plus claire. C’était devenu un objectif de vie : blanchir ma peau.

Le dernier problème que j’ai dû affronter en grandissant était mes traits du visage. J’ai un gros nez et une grosse bouche, c’est un fait qu’aujourd’hui j’affirme avec fierté. Mais je me souviens encore il y a quelques années quand je me disais qu’après ma peau blanchie je me ferai une rhinoplastie afin de rétrécir ce gros nez. La forme de ma bouche ne me plaisait pas non plus à l’époque mais je me disais qu’aucune chirurgie ne pouvait rien y faire de toute façon alors que mon nez… Un proche m’avait même donné une « astuce » qui était qu’à chaque bâillements, je devais pincer mon nez ce qui aiderait à le rétrécir. Je m’en voulais ensuite de réaliser que j’ai baillé et que je n’ai pas pincé mon nez.

Ce récit très personnel a pour unique but de faire ouvrir les yeux sur les dégâts du colorisme. La beauté de chacun est mesurée selon des critères qui viennent tout droit de l’occident et personne n’en est échappe. Que ce soit Europe, en Afrique ou en Asie, le colorisme est permanent. Ce que j’ai vécu en France, j’aurais pu le vivre en restant au Cameroun. Parce qu’en Afrique il est communément admis et cela dès l’enfance qu’un enfant au teint clair et très fins aura plus de chance dans la vie. Ce « brain-washing » qui saurait dire quand il a commencé ? Mais la situation est comme elle est actuellement, il y a des privilèges à avoir une peau noire claire avec des trains européanisés.

Il faut surtout préciser que le problème ce n’est pas les personnes qui sont ainsi physiquement et ce n’est pas une banale histoire de jalousie. Le mal est réel et encré très profondément dans nos esprits. Ignorer ce mal c’est le laisser prospérer mais aussi laisser place à l’ignorance. Entre ceux qui pensent qu’une personne noire peut uniquement avoir une peau foncée et des gros traits de visages et donc ignorer une partie de la communauté. Ceux qui pensent que des pays comme la Colombie on y trouve que des femmes « type Shakira » alors que la Colombie tout comme le reste de l’Amérique du Sud a une population noire. Mais combien de personne penserait à un individu noir si l’on dit « beauté latine ». On verrait seulement désigner des individus au teint clair, traits fins et cheveux lissent.

Cette maladie que j’appelle le colorisme se trouve partout. Il y a très peu de représentations de personnes au teint foncé et c’est surtout remarquable auprès de la population féminine. Les hommes semblent plus être épargnés par ça que les femmes. Il y a pas mal d’acteurs noirs avec le teint foncé par exemple. Mais la représentation de l’actrice noire teint foncé se fait plus rare. Les actrices noires américaines, notamment, qui parviennent à se faire un nom dans le milieu sont claires de peau et les traits fins. Et récemment j’ai constaté sur les réseaux sociaux que lorsqu’une personne voulait « prouver » que la beauté existe aussi chez les noires (oui en 2016 il faut encore prouver que nous sommes belles. Big up à celles qui connaissent le fameux « Tu es belle pour une noire ») la personne mettait des photos de femmes avec le même profil, devinez lequel !

C’est blessant à la longue parce que ça donne l’impression que nous autres n’existons pas ou bien nous ne sommes pas assez belles pour être mises en avant. Surtout je pense à la nouvelle génération, aux plus jeunes qui sont submergées par cette représentation unique de la femme noire et beaucoup ne s’y reconnaissent pas. Le résultat risquera d’être le même que le parcours que j’ai vécu.

Aujourd’hui je ressens surtout de l’agacement quand je vois tout ça, j’ai appris à m’aimer ainsi et à « embrasser » mon physique. Il faut surtout agir pour le futur. Et j’en veux tellement aux personnes issues de la communauté qui savent très bien comment les choses se passent mais qui jouent les aveugles. Notamment à ces chanteurs, rappeurs dont de nombreux jeunes regardent les clips mais qui refusent de faire de la représentation. Ces personnes qui restent dans le colorisme, qui excluent une partie de la population consciemment, je leur en veux.

Je suis consciente que les choses ne changeront pas du jour au lendemain, mais c’est aujourd’hui qu’il faut faire bouger les mentalités.

Réac’Noire.

Prendre Confiance en Soi.

Me revoilà en train de tapoter sur mon clavier. Nous ne sommes qu’au début de l’année mais déjà tant de choses se sont passées dans ma vie. J’ai donc voulu écrire, encore, pour tenter de libérer cette voix qui veut tant s’exprimer. Je suis consciente que tout ceci prend des airs de journal intime. Mais je vous rassure (ou pas) ce n’est pas le cas. Je veux seulement vous faire partager quelques-unes de mes innombrables pensées dans différents domaines, ma tendance du moment. Je n’ai franchement pas réfléchi à comment ordonner tout ceci mais voilà, j’espère que vous arriverez tout de même à me suivre.

 

Actuellement je suis en pleine réflexion et surtout je pense à comment me tourner totalement vers une pensée positive. Autant vous le dire tout de suite, je fais partie des personnes qui ont tendance à voir le verre à moitié vide. Je ne sais pas vraiment d’où me vient cette façon de voir les choses mais je m’y suis accoutumée et ça a quelques avantages comme les bonnes surprises. Mais très honnêtement je pense me protéger de certaines déceptions derrière mon pessimisme. Quand les choses se passent comme je l’avais imaginé (c’est-à-dire mal) je ne suis pas déçue mais lorsque c’est l’inverse, je suis toute joie ! Néanmoins j’ai beau être pessimiste, il m’arrive encore d’être déçue. Je sais que nous sommes nombreux à fuir coûte que coûte la déception. C’est l’un des pires sentiments que l’on peut ressentir, en tout cas pour ma part. Mettre de l’espoir sur un travail, une relation ou quoi que ce soit et devoir faire face à un résultat négatif me fait regretter amèrement tout le travail fourni. En plus du regret, ça peut me plonger dans des moments de doutes personnels très profonds, et là est tout le problème, lorsque l’on commence à douter de soi.

 

Le doute de soi. Ce doute peut faire chuter plus d’un dans la mesure où il fait perdre ses moyens à n’importe quel individu qui le ressentira. C’est l’ennemi de toute personne qui veut avancer dans la vie sur tous les plans. On peut imager le doute comme le grain de sable qui viendrait perturber la machine qu’est la vie. Le seul ennemi que peut rencontrer le doute est la confiance en soi mais comment acquérir cette confiance ? Ce n’est pas donné à tous et à toutes d’être suffisamment confiants dans la vie. Cette confiance paraît souvent être innée chez certains mais je pense qu’elle se travaille. Elle se travaille avec l’aide de nos proches, de notre environnement mais surtout avec notre propre aide « la charité commence par soi-même » dit-on. Ce travail est long et semé d’embuches que les autres ne verront pas forcément. Je pense que pour que cela soit plus facile, il faut le commencer tôt, un peu comme la gymnastique en commençant très jeune, arrivé à l’âge adulte contorsionner son corps n’est plus un problème. Seulement il faut prendre conscience tôt de ce manque de confiance en nous mais surtout savoir comment le contrer. Une chose qui n’est pas aisée lorsque l’on grandit. Beaucoup vont constater qu’ils ne sentent pas à l’aise dans leur corps ou lorsqu’ils sont dans un groupe de personnes ou alors les deux mais ne sauront pas comment y faire face ou savoir à qui en parler. Donc ce malaise en soi va s’installer et grandir en même temps que son hôte, prenant même de plus en plus de place. C’est ainsi qu’arriver à l’adolescence, au moment où le regard des autres devient plus pesant, on réalise un mal-être que l’on ne saurait nommer.

 

Il faut donc commencer à penser à comment acquérir cette assurance qui nous permettra de franchir les obstacles de la vie sans problème ou presque. Bien-sûr que l’on peut franchir ces obstacles sans se demander si on a assez confiance en soi ou pas, il suffit juste de foncer de constater le résultat à la fin. Je faisais partie de cette catégorie qui fonce sans se poser de question et fait les choses de son mieux parce qu’il faut les faire. Puis la question de la confiance en moi est venue et j’ai tout simplement réalisé que c’était ce qui me manquait. Maintenant il ne suffit pas de savoir que l’on manque de confiance pour que celle-ci apparaisse par magie. Une fois le diagnostic fait, il faut trouver un moyen pour se soigner et c’est là que commence le dur chemin de croix intérieur que j’évoquais  plus haut.

 

Pour ma part, le travail est toujours en cours et avance à petit pas mais sûrement. Je peux constater mes propres évolutions dans certaines situations et franchement ça fait tellement plaisir, ça change la vie.

 

Mais je voulais surtout évoquer ce sujet parce que j’ai l’impression qu’il est de plus en plus difficile de grandir émotionnellement avec toutes ces personnes qui entrent brièvement dans nos vies via les réseaux sociaux. Certains d’entre vous doivent sûrement déjà voir où je veux en venir. Comme je le disais, la confiance en soi se travaille mais notre entourage peut également nous aider vers cette direction. Et une personne qui se construit émotionnellement ou qui est dans une phase de questionnement, un mauvais entourage peut lui faire beaucoup de mal. On oublie trop souvent l’impact psychologique de nos mots sur les autres mais surtout on oublie que les autres n’ont pas la même force mentale que nous supposons avoir. Je suis très active sur les réseaux sociaux, notamment sur le petit oiseau bleu, et c’est là que j’ai remarqué qu’ils sont nombreux à oublier l’impact de leurs mots. On peut y lire énormément de méchanceté proférée gratuitement qui peuvent faire des dégâts dans la tête d’une personne en pleine construction. Malheureusement ce que l’on entend de façon négative a tendance à avoir plus d’impact sur nous que ce qui nous sera dit positivement. Donc je n’ose imaginer les sentiments d’une personne qui doute déjà d’elle-même de lire ces méchancetés. C’est mettre des obstacles sur sa route qui n’est déjà pas simple.

 

Alors pourquoi ne pas être plus bienveillant envers nos semblables ? J’ai l’impression qu’il est plus aisé de dire les mots blessants plutôt que ceux qui peuvent apporter du réconfort. Pire encore, lorsqu’une personne se prend en main et décide de réconforter seule, certaines personnes voudront intervenir et détruire les efforts fournis. J’avais d’abord décidé de donner pour titre à cet article « Penser positif » mais finalement j’ai pensé que celui-ci serait plus adéquat. Avoir des pensées positives mène vers la prise de confiance. C’est vrai ce que l’on dit, se répéter plusieurs fois une chose pour se convaincre de son existence. Et je pense que cette méthode fonctionne quand il s’agit de la confiance. Cependant les mots ne suffisent pas. Il faut réaliser des actes qui vont nous conforter dans ce cheminement. Se mettre des défis et parvenir à les réaliser est un exemple. Donc faites de votre mieux et vous arriverez mais également soyez bienveillants envers les autres.

 

Réac’Noire.

Comme Une Fille.

Vendredi 8 janvier, je suis dans mon lit devant ma télévision à une heure assez avancée de l’après-midi. Je me demande bien par quoi je vais pouvoir débuter cette journée. Et là en entendant le téléfilm de M6 il y a la publicité d’Always qui commence. C’est cette publicité qui a amené toute cette réflexion au cours de ma journée tant je l’ai trouvée belle, inspirante et véridique.

Pour celles et ceux qui n’ont pas encore eu le plaisir de regarder cette publicité mais également les vidéos sur Youtube, je vous invite à le faire. Un court résumé : une dame réunit des individus lambda de sexe féminin et masculin et leur pose de plusieurs questions. Des questions telles que « c’est quoi courir comme une fille ? » ou encore « c’est quoi se battre comme une fille ? ».  Et les réponses que les questionnés fournissent sont assez étonnantes mais pas si choquantes en réalité (pour moi). Les gestes sont féminisés, lents, maladroits et sans aucune force. En réalité, c’est la caricature d’une fille que l’on a fasse à nous. Et cela est fait tant par les hommes mais également des femmes qui se représentent ainsi. La dame qui pose les questions demande à un garçon si la façon de caractériser la fille est insultante vis-à-vis des filles en général et de sa sœur en particulier. Sa réponse est simple : insultant envers les filles en général oui, pas insultant envers sa sœur (une pathologie que l’on retrouve souvent, insulter les filles mais surtout pas sa mère ou sa sœur). La seconde partie de la publicité nous met face à des jeunes filles qui font fassent aux mêmes questions. Cette fois leurs réponses m’ont réjoui à en avoir les larmes aux yeux. Ces jeunes filles ont montré tellement de force, je n’étais pas préparée à cela. Vous pouvez oublier la caricature de la fille. Le contraste était tellement frappant. La publicité se termine avec une cette phrase « Faisons en sorte que Comme une fille soit synonyme de choses extraordinaires».

C’est là que j’ai réalisé que oui, effectivement cela était insultant. Surtout quand c’est tourné au ridicule comme dans la première partie de la publicité. Puis en y pensant encore, j’ai réalisé que moi aussi j’avais déjà eu à employer cette insulte mais au fond de moi je sais que je ne voulais pas insulter la fille que je suis moi-même. Parce qu’avant d’insulter les autres qui partagent la même caractéristique que nous, on s’insulte soi-même. Pour apaiser ma conscience qui commençait déjà à trop souffrir, j’ai mis ça sur le compte de la société dans laquelle nous vivons. Mais est-ce vraiment faux ? Combien de fois j’ai pu entendre un tel dire à un autre « on dirait une fille » ou encore « tu fais comme une fille » ou même « c’est une femmelette ». Tout ceci sous-entend que l’homme qui reçoit ces mots n’a pas assez de force pour faire « comme un homme » ce que là sous-entend faire quelque chose avec force. Donc on revient au fait que la fille est le sexe faible. Et cette idée est inculquée aux filles mais surtout aux garçons qu’une fille est faible et donc ne pourra jamais faire certaines choses. Ce n’est pas nouveau et je sais que je vous apprends rien aujourd’hui mais c’est si triste, j’étais triste. Dès le plus jeune âge on nous apprend à nous moquer de nous-même, à se diminuer pour entrer dans cette petite case qu’on nous donne. Malheureuses seront celles qui vont oser sortir de cette case pour être elles-mêmes.

Je pense que je ne réalisais pas vraiment l’impact de tout ceci sur les petites filles. Peut-être parce que à l’âge des jeunes filles de la publicité, je ne me posais pas cette question. Mais aujourd’hui je réalise comment ça peut être traumatisant pour certaines à qui on demandera d’agir « comme une fille ». J’ai seulement des souvenirs de ma mère me disant « une fille doit être douce » quand je claquais la porte du tiroir de la cuisine. Honnêtement je ne pense pas que cela ait eu un grand impact sur ma personne, être douce n’était pas vraiment mon souci premier. Mais aujourd’hui j’ai une réelle aversion envers toutes personnes qui voudraient me dire comment une fille « doit » agir. Cela me met vraiment hors de moi. C’est une forme adulte de « comme une fille » mais certains pensent que cela est valorisant…NON ! Le petit plus est de dire « une vraie fille » et je suis toujours à la recherche de ce qu’est une « fausse fille ». Et là encore, on n’entendra pas cela de la bouche d’hommes uniquement, cela serait trop beau ! Certaines femmes se sentent le droit de dicter la conduite d’autres femmes (leur propre conduite qu’elles pensent être parfaite). Il est aussi vrai que ma nature fait que j’ai une sainte horreur qu’on vienne me dicter quoi faire ou ne pas faire mais je ne pense pas que ce soit la seule raison. C’est toujours cette case dans laquelle on nous a mise étant petite et qu’en grandissant on ne doit surtout pas déborder ou penser à agrandir. On reste des éternelles filles à qui on doit toujours dire ce qu’elle doit faire et ce qu’elle est capable de faire.

Dans un tel environnement il est difficile de se définir, de savoir qui on est réellement. Parce qu’une fille/femme qui veut se contenter de cette case (et je la comprends très bien vue les conséquences) ne peut pas être elle-même et je pense que être soi-même fait partie d’une des pierres qui mènent à la plénitude intérieure. Je suis conscience du caractère un peu « gourou » de cette phase. Je me suis moi-même posée cette question il y a des mois de cela, « qui suis-je vraiment ? » mais aussi « quelle femme je veux être demain ». La première question fait sortir de la case, la seconde fait réaliser les multitudes d’options qui se présentent à nous. De la petite fille très regardante sur ce que les autres pouvaient penser de moi, j’ai décidé de faire les choses comme cela me sied.

Cessez d’utiliser le terme « comme une fille » en tant qu’insulte. Faites les choses comme la fille que vous êtes au fond de vous et non comme la fille que l’on prend en caricature car cette fille n’existe pas.

 

Réac’Noire.